Nous avons eu la chance d’accompagner Jérôme, pisteur secouriste à Combloux sur le domaine skiable des Portes du Mont-Blanc, le temps d’une journée de travail. Suivez-nous dans ce reportage pour découvrir le métier et une journée type d’un pisteur : de l’ouverture à la fermeture des pistes.

Lundi 29 janvier 2024. Nous retrouvons Jérôme aux bureaux des remontées mécaniques. Il est pisteur secouriste depuis déjà 4 saisons sur le domaine skiable des Portes du Mont-Blanc. Nous allons le suivre dans sa journée de A à Z pour vous faire découvrir ce métier de la montagne.

L’ouverture des pistes du domaine skiable

La journée d’un pisteur secouriste commence en motoneige pour monter au sommet des pistes pendant que les télésièges se mettent en marche. Il faut commencer l’ouverture des pistes avant que les premiers skieurs n’arrivent.

La montée est un moment hors du temps : on a la montagne rien qu’à soi, et le magnifique lever du jour sur la chaîne du Mont-Blanc.

Une fois arrivés, nous laissons la motoneige au poste de secours, car elle servira plus tard dans la journée.

@comblouxtourisme

Le plus beau métier du monde ? Les pistes rien que pour soi, matin et soir 😍😱 Ça nous donne bien envie de devenir pisteur secouriste ! #combloux #stationdeski #ski #pisteur #pisteursecouriste #metierdereve #metierpassion #skipatrol #skintok

♬ originalljud – Sebastian Bergblom

Le permis motoneige : mythe ou réalité ?

On va mettre fin au mystère : non il n’y a pas de permis officiel pour conduire une motoneige. En revanche, tous les pisteurs secouristes doivent obligatoirement recevoir une formation de conduite de motoneige.

L’ouverture des pistes nous attend : on chausse les skis, et c’est parti ! On commence à dévaler la première piste. Jérôme nous explique en quoi consiste l’ouverture des pistes.

Le but est de s’assurer que la glisse est parfaitement sécurisée et en bon état pour que les skieurs puissent pratiquer le ski sans danger. Il parcourt la piste pour vérifier que tous les balisages et le jalonnage sont bien en place. Il enlève les éventuels obstacles sur la piste comme une branche par exemple. Parfois, il lisse même la piste avec ses skis pour éliminer des creux créés par le passage de la dameuse.
Une fois que la première piste est prête, il prévient ses collègues et le central à la radio. Puis nous remontons en télésiège pour recommencer l’opération sur une autre piste.

Lorsque les pisteurs communiquent par radio l’ouverture d’une piste, la personne référente dans les bureaux met à jour le bulletin d’ouverture des pistes sur le logiciel qui permet d’informer les clients des pistes ouvertes ou non chaque jour, à tout instant de la journée.

Ca y est, toutes les pistes du jour sont ouvertes !

Nous repassons au poste de secours pour une petite boisson chaude. Maintenant, il est temps de s’affairer à diverses tâches : installer un jalon pour signaler un obstacle ou un danger, récupérer un panneau de signalétique tordu…

Mais on doit se tenir prêts car à tout moment, un appel pour secours sur piste peut survenir !

Pisteur secouriste Combloux

Comment s'organise l'ouverture et la fermeture des pistes ?

Sur le domaine skiable des Portes du Mont-Blanc, il y a 3 communes mais pour la gestion du domaine, le domaine est coupé en 2 grands secteurs.

  • Combloux/Le Jaillet
  • La Giettaz

Il y a un responsable de la sécurité des pistes du domaine skiable dans sa globalité et des responsables/chefs de secteur.
Jérôme est référent ce jour-là du secteur Combloux/Jaillet.

Au total, ils sont entre 9 et 11 pisteurs secouristes selon la période.
Chaque pisteur a sa zone à ouvrir soit environ 5 à 7 pistes par pisteur. Le nombre varie en fonction de la longueur des pistes.

Le secours sur piste

Personne blessé sur le domaine skiable

Il doit être environ 11h quand Jérôme reçoit un appel sur le téléphone des secours. En tant que référent de secteur, c’est lui qui a le téléphone aujourd’hui.
C’est une monitrice ESF qui nous contacte. L’un de ses élèves adultes est tombé et a très mal à l’épaule. La monitrice nous donne les renseignements essentiels : le sexe et l’âge approximatif du blessé, la partie du corps concernée par la blessure, la piste concernée et le numéro de la balise la plus proche.

Nous sommes à seulement quelques mètres du lieu de l’accident. Jérôme récupère le traîneau au sommet du télésiège et nous arrivons en quelques secondes auprès du blessé.
Jérôme sécurise la zone en plaçant le traîneau en amont du blessé. Puis il vient prendre connaissance de la situation. Le blessé s’appelle Cédric, il est conscient et assis. Il signale à Jérôme que c’est son épaule qui a été touchée lors d’une chute et que c’est douloureux. Notre secouriste enfile une paire de gants et examine l’épaule de Cédric. Le verdict tombe rapidement : c’est une luxation.
Il s’empresse de vérifier le pouls pour s’assurer qu’aucune artère n’est comprimée : cela pourrait empêcher le sang de circuler correctement dans le bras et pourrait causer une nécrose. Heureusement, tout va bien de ce côté là. Après avoir immobilisé l’épaule de l’accidenté, Jérôme contacte l’ambulance pour qu’elle vienne récupérer Cédric afin de l’emmener au cabinet médical de Combloux immédiatement. Il prévient ensuite ses collègues par radio. Il installe le blessé dans le traîneau, le prévient que la descente risque d’être très douloureuse.

Combien de secours par hiver sur le domaine skiable ?

Sur le domaine skiable des Portes du Mont-Blanc, c’est environ 400 à 450 secours par hiver.

Au cours de la descente, le pisteur secouriste fait son maximum pour minimiser les impacts de la glisse sur le blessé. La technique ski pour conduire le traîneau est assez impressionnante à voir ! Jérôme alterne le chasse-neige et le ski perpendiculaire à la piste pour freiner le traîneau. Les 2 manches sont également conçus pour pouvoir freiner à l’aide des bras et soulager un peu les jambes du secouriste.

Jérôme prend régulièrement des nouvelles de Cédric afin de vérifier qu’il ne souffre pas trop et lui propose des pauses si nécessaire.
Arrivés en bas des pistes, près d’une zone réservée au stationnement des ambulances, Jérôme remplit quelques informations. Heureusement, le blessé avait souscrit une assurance et tous ses frais (environ 700 euros ici) seront pris en charge !
Les ambulanciers prennent ensuite le relais.

Maintenant que le secours est terminé, il faut remonter le traîneau sur le domaine skiable pour qu’il soit disponible pour de prochaines interventions. La remontée se fait en téléski puis en télésiège. Le traîneau est placé par les agents d’exploitation sur un siège pendant que nous attendons son arrivée au sommet pour le récupérer.

12h30 : nous prenons la direction du poste de secours pour la pause repas. On reste sur le qui-vive car en cas d’appel de secours, on devra abandonner nos assiettes.

Une fois les batteries rechargées, on repart sur les pistes pour vérifier que tout va bien. On en profite pour secourir un client en snowboard qui n’arrive pas à prendre le téléski pentu. Les pisteurs secouristes sont aussi là pour donner un coup de main dans des situations inhabituelles. Comme Jérôme aime à la préciser, c’est avant tout un métier basé sur l’humain.

Comment fait-on pour devenir pisteur secouriste ?

Pour devenir pisteur secouriste, il n’y a pas de formation ou de diplôme dans une école comme pour un parcours classique.

Il faut passer un test technique et suivre une formation. Mais pour prétendre à cela il faut tout d’abord avoir :

  • le PSE1 (Premiers secours en équipe de niveau 1)
  • le PSE2 (Premiers secours en équipe de niveau 2)
  • le niveau flèche de Vermeille en ski

Ce sont ces prérequis qui donnent accès au test technique : l’étape la plus difficile pour devenir pisteur secouriste. Avec des sessions de plus de 100 inscrits pour environ 15 candidats retenus… Le test peut être repassé plusieurs fois mais c’est un budget : entre 80 et 100 euros à chaque essai.
Une fois le test technique validé, on accède à la formation qui dure 5 semaines.

En attendant d’avoir le test technique, on peut être patrouilleur : on effectue les mêmes tâches, à l’exception de la conduite du traîneau ou de la barquette.

Lorsqu’on est pisteur secouriste, on peut aussi suivre des formations supplémentaires pour devenir par exemple maître-chien ou artificier.

Fermeture des pistes et préparation du plan de damage

Après ce petit tour sur les pistes, en l’absence d’appel de secours, nous retournons au poste de secours pour prendre un café. Jérôme en profite pour préparer le plan de damage du lendemain.

En fonction de ce qu’il a observé sur le terrain aujourd’hui, il fait ses souhaits de damage et les transmet au chef des dameurs.

Pendant ce temps là, la fermeture des pistes a déjà commencé. On attend que les derniers skieurs en provenance du secteur de la Giettaz soient revenus sur le secteur de Combloux. Lorsqu’on nous confirme que tout le monde est bien revenu, on peut procéder à la fermeture des dernières pistes de Combloux.

Jérôme balaye l’ensemble des pistes du regard avant d’entamer la descente pour voir s’il n’y a plus de skieurs. En descendant la piste, il enlève le balisage gênant pour les dameuses. Il sera remis en place à l’ouverture des pistes demain.

Fermeture des pistes par un pisteur secouriste à Combloux

C’est ainsi que se termine cette journée dans la peau d’un pisteur secouriste à Combloux. On espère que vous avez apprécié découvrir ce métier de passionné.


En vidéo

Vivez la journée d’un pisteur en vidéo !

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Marine

À propos de Marine

En tant que social media manager à l'Office de tourisme de Combloux, je suis en charge des réseaux sociaux, de la ligne éditoriale de ce blog ainsi que des contenus photos et vidéos de notre destination.

📸 Passionnée de photographie, je partage avec vous, depuis maintenant 3 ans, mes plus belles images de Combloux.
Adepte des activités outdoor telles que le ski et la randonnée, j'ai à coeur de partager la vie 4 saisons à Combloux. Ma curiosité et mon âme d'aventurière me permettent de tester régulièrement des expériences du territoire et de les partager avec vous !

Bonne lecture 😊

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